Mettre en place la VAE pour les salariés en entreprise implique une démarche structurée, bénéfique tant pour l'employeur que pour le collaborateur. Cela commence par identifier les besoins, informer les salariés sur ce dispositif légal, et les accompagner tout au long de leur parcours de Validation des Acquis de l'Expérience, en mobilisant les dispositifs de financement et les ressources internes ou externes.
La VAE n'est pas seulement un droit individuel, c'est aussi un puissant outil stratégique pour les entreprises souhaitant valoriser les compétences de leurs équipes, anticiper les évolutions de métiers et renforcer leur marque employeur. Chez France VAE, nous avons constaté un intérêt croissant des entreprises pour ce dispositif, notamment pour la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). Vous êtes dirigeant, responsable RH ou salarié et vous vous interrogez sur les modalités de cette mise en œuvre ? Cet article est fait pour vous, pour éclairer les démarches et les opportunités que représente ce programme de certification.
La Validation des Acquis de l'Expérience permet de transformer l'expérience professionnelle en diplôme, titre professionnel ou bloc de compétences inscrit au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). C'est une démarche concrète pour bâtir des carrières solides et des équipes performantes.
Quels avantages la VAE apporte-t-elle aux entreprises et aux salariés ?
La VAE offre une multitude d'avantages pour l'entreprise en renforçant son capital humain et pour le salarié en consolidant son parcours professionnel, contribuant ainsi à une meilleure gestion des compétences et à un engagement accru.
Pour l'entreprise, la VAE est un levier stratégique majeur. Elle permet d'abord de mieux identifier et reconnaître les compétences acquises sur le terrain par les salariés, même celles qui n'étaient pas formalisées. En certifiant ces compétences, l'entreprise sécurise ses savoir-faire internes. C'est également un outil puissant pour la gestion des carrières et la mobilité interne. Imaginez un collaborateur qui, grâce à la VAE, obtient un MASTER - Innovation, Entreprise et Société ; il peut ensuite évoluer vers des postes à plus haute responsabilité, sans nécessiter un recrutement externe coûteux et chronophage. La VAE participe activement à la rétention des talents et à l'attractivité de l'entreprise, en montrant un engagement concret envers le développement professionnel des employés. De plus, elle peut répondre à des obligations de certifications ou de réglementations spécifiques dans certains secteurs d'activité, un atout non négligeable pour la compétitivité. Enfin, une politique active de VAE contribue à une meilleure image employeur et à un climat social positif, où la progression professionnelle est valorisée.
Pour le salarié, les bénéfices sont tout aussi tangibles. Obtenir un diplôme ou un titre professionnel grâce à son expérience, c'est une reconnaissance officielle de son expertise et de son engagement. Cela renforce l'estime de soi, la confiance en ses capacités et la motivation. La VAE ouvre des portes : évolution de carrière, accès à de nouvelles fonctions, augmentation de salaire ou même sécurisation de l'emploi en cas de changement de poste ou de secteur. Un salarié certifié est un salarié dont l'employabilité est renforcée, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'entreprise. Un exemple : un technicien confirmé peut valider un TP - Géomètre topographe d'entreprise du bâtiment et des travaux publics pour accéder à des missions d'ingénierie ou de management sur le terrain. La VAE est une brique essentielle dans la construction d'un parcours professionnel durable et choisi. Selon une étude récente, 75% des personnes ayant validé leur expérience par la VAE observent un impact positif sur leur carrière dans les deux ans. Un témoignage fréquemment rencontré est celui d'une "nouvelle légitimité" qui permet d'aborder de nouvelles missions avec plus d'assurance. C'est une démarche d'ailleurs qui complète parfaitement une démarche de reconversion, comme nous l'évoquions dans notre article La VAE est-elle un levier efficace pour une reconversion professionnelle réussie ?.
L'employeur peut-il refuser une demande de VAE d'un salarié ?
Conformément au Code du travail, un employeur ne peut pas s'opposer à une demande individuelle de VAE de la part de son salarié, qui est un droit légal, mais il peut en revanche reporter la période d'absence demandée pour l'accompagnement ou le passage devant le jury, sous certaines conditions.
La VAE est un droit individuel inscrit dans la loi, ce qui signifie qu'un salarié n'a pas besoin de l'accord de son employeur pour entreprendre une démarche de Validation des Acquis de l'Expérience. Il peut tout à fait initier son parcours de manière autonome, en dehors de son temps de travail. Cependant, si le salarié souhaite bénéficier d'un congé VAE pour se préparer aux étapes clés (rédaction du livret 2, entretien avec le jury) ou pour se rendre disponible pendant ses heures de travail, l'entreprise est alors impliquée. Le salarié peut demander à son employeur une autorisation d'absence spécifique pour la VAE. Selon le Code du travail, cette absence est un droit, à hauteur de maximum 24 heures de temps de travail, consécutives ou non, pour la préparation de la VAE et la participation au jury.
L'employeur ne peut pas refuser catégoriquement cette demande d'absence. En revanche, il dispose d'une faculté de report. Si l'absence du salarié risque d'avoir des conséquences préjudiciables importantes sur la production ou l'organisation du travail, l'employeur peut proposer au salarié de reporter la période d'absence. Ce report doit être motivé et communiqué au salarié. La loi précise que ce report ne peut excéder six mois. Il est donc crucial d'engager un dialogue constructif entre l'employeur et le salarié pour concilier les impératifs de production de l'entreprise avec le droit du salarié à la VAE. Une bonne planification et une communication transparente sont essentielles pour que la démarche se déroule dans les meilleures conditions pour les deux parties. Chez France VAE, nous encourageons toujours cette concertation pour minimiser les frictions et maximiser les chances de succès. Il est d'ailleurs judicieux pour les entreprises de se rapprocher de leur OPCO (Opérateur de Compétences) pour être conseillées sur la mise en place de ces congés et les démarches administratives.
« Le salarié souhaitant bénéficier d'un congé de validation des acquis de l'expérience doit justifier d'une ancienneté d'un an, consécutive ou non, en qualité de salarié ainsi que de trois ans d'expérience en rapport avec la certification visée. » – Extrait du Code du travail.
Notez que si une entreprise décide de mettre en place une VAE collective (voir la question suivante), la situation est différente car il s'agit alors d'une initiative de l'employeur, qui prend en charge l'organisation et le financement, ce qui facilite grandement l'accès des salariés au dispositif.
Comment organiser un projet VAE collectif en entreprise ?
Organiser un projet de VAE collective en entreprise nécessite une planification rigoureuse, impliquant l'identification des besoins, un accompagnement structuré, et une communication transparente avec les salariés pour assurer le succès de la démarche collective.
Un projet VAE collectif transcende le cadre individuel pour devenir un véritable projet d'entreprise. Cela implique une approche méthodique. Voici les étapes clés, souvent accompagnées par des organismes experts comme France VAE :
- Analyse des besoins et des compétences : Avant toute chose, l'entreprise doit définir clairement ses objectifs. S'agit-il de répondre à un besoin en compétences spécifiques, de préparer une évolution de service, ou de valoriser l'ancienneté ? Cette étape permet d'identifier les certifications (diplôme, titre professionnel, bloc de compétences RNCP) pertinentes et les salariés qui pourraient en bénéficier. Un audit des compétences internes peut être réalisé.
- Information et sensibilisation des salariés : Il est crucial de communiquer largement sur les opportunités de la VAE. Des réunions d'information, des entretiens individuels ou des ateliers peuvent être organisés pour présenter le dispositif, ses avantages et dissiper les éventuelles appréhensions. Cela permet de susciter l'adhésion et d'identifier les salariés volontaires.
- Désignation d'un référent VAE en interne : Une personne au sein de l'entreprise (souvent aux RH ou à la formation) peut être désignée pour coordonner le projet, faire le lien entre les salariés, l'accompagnateur VAE et la direction. Cette personne est essentielle pour le bon déroulement du dispositif.
- Accompagnement structuré : L'entreprise peut contractualiser avec un organisme d'accompagnement VAE externe, ou mobiliser des ressources internes si elle en dispose. Cet accompagnement est fondamental pour guider les salariés à travers toutes les étapes : définition du projet de certification, rédaction du livret 1 (dossier de recevabilité), puis du livret 2 (dossier de validation des acquis), et préparation au jury. Un bon accompagnement augmente considérablement les chances de succès, comme nous l'avons souligné dans notre article Jury VAE : Comment se préparer efficacement au passage à l'oral ?.
- Financement du dispositif : Il est essentiel de prévoir un budget et d'explorer les différentes pistes de financement (voir la question suivante sur les financements). C'est souvent l'entreprise via son plan de développement des compétences, en collaboration avec son OPCO, qui prend en charge les coûts liés à la VAE collective.
La VAE collective permet d'harmoniser les compétences au sein des équipes, de créer une dynamique positive de groupe et d'adapter plus efficacement les ressources humaines aux besoins stratégiques de l'entreprise. C'est une démarche proactive et un investissement dans l'avenir.
Quels financements l'entreprise peut-elle mobiliser pour la VAE de ses salariés ?
L'entreprise dispose de plusieurs leviers pour financer la VAE de ses salariés, notamment le Plan de développement des compétences, les contributions auprès des OPCO, et dans certains cas, le compte personnel de formation (CPF) du salarié, voire des dispositifs spécifiques comme le congé VAE.
Le financement est une question centrale pour la mise en place d'une VAE collective ou pour soutenir une démarche individuelle de VAE d'un salarié. Plusieurs options sont possibles :
- Le Plan de développement des compétences de l'entreprise : C'est le dispositif le plus courant. L'employeur prend en charge directement les frais liés à la VAE du salarié (frais d'accompagnement, frais d'inscription, frais de jury, rémunération pendant les heures d'absence pour la VAE). Ces dépenses peuvent être subventionnées par l'OPCO auquel l'entreprise est rattachée. Il faut absolument se rapprocher de son OPCO pour connaître les modalités spécifiques de prise en charge, car elles varient selon les secteurs et les branches professionnelles.
- Le Compte Personnel de Formation (CPF) du salarié : La VAE est éligible au CPF. Le salarié peut utiliser les heures ou le montant crédité sur son CPF pour financer son parcours VAE. L'entreprise peut choisir de co-construire le projet avec le salarié et abonder son CPF si le coût de la VAE dépasse le montant disponible. C'est une excellente façon de partager l'investissement et de renforcer l'engagement du salarié.
- Le Pro-A (ex-Période de professionnalisation) : Pour les salariés souhaitant obtenir une qualification supérieure ou une reconversion, la VAE peut s'inscrire dans le cadre d'un dispositif Pro-A, qui permet de financer un parcours de formation certifiant alternant périodes de travail et d'apprentissage. Cela s'applique aux salariés dont la qualification est inférieure à celle du niveau licence.
- Les dispositifs régionaux et nationaux : Certaines régions ou l'État peuvent, ponctuellement, mettre en place des aides complémentaires pour la VAE, notamment pour des secteurs d'activité spécifiques ou des métiers en tension. Il est conseillé de se renseigner auprès des collectivités locales et des services de l'emploi.
La loi du 21 décembre 2022, dite loi Marquet, a eu pour effet de simplifier et de renforcer le dispositif VAE, en créant notamment le service public de la VAE géré par le portail officiel France VAE. Ce portail est une ressource précieuse pour tous les acteurs, y compris les entreprises, car il centralise les informations et facilite les démarches.
Pour illustrer, imaginez une entreprise agricole qui souhaite certifier l'expérience de ses chefs d'équipe. Ils pourraient viser un BAC PRO - Conduite et gestion de l'entreprise agricole via la VAE, avec un financement combiné du plan de développement des compétences et de l'OPCO de leur branche. Cette démarche non seulement valide leurs compétences existantes, mais leur ouvre aussi la voie à de nouvelles responsabilités, bénéficiant à toute la structure.
En conclusion, la VAE pour les salariés en entreprise est bien plus qu'une simple formalité administrative. C'est un investissement stratégique dans le capital humain, un levier de compétitivité et un formidable outil de reconnaissance et de développement pour vos collaborateurs. Chez France VAE, nous accompagnons les entreprises et les salariés à chaque étape de ce parcours enrichissant. Ne laissez pas l'expérience de vos équipes inexploitée. Contactez dès aujourd'hui nos experts pour construire un projet VAE adapté à vos besoins et valoriser pleinement vos talents. Découvrez nos parcours sur vae-by-imi.fr.







